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Réseaux sociaux

Ces internautes dont on se passerait bien.

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Beaucoup disent que les réseaux sociaux ne sont que le reflet de la société. On y trouve le meilleur comme le pire de l’humanité. On se passerait pourtant bien du dernier

Aujourd’hui, il parait difficile d’apporter un peu d’ordre dans ces nouveaux moyens de communication que sont les réseaux sociaux. Tant par leur complexité que par leur nombre d’utilisateurs qui se comptent en milliards. Dans cette véritable jungle, des internautes se donnent un malin plaisir à déverser leur haine gratuitement sur des personnalités et ce, courageusement sous couvert d’anonymat. Ils sont notamment appelés les “haters” et sont le cancer 2.0 des réseaux sociaux. Nombreuses sont les personnalités (connues ou moins) à en faire les frais.

Les cibles des “haters”

Personnalités politiques ou publiques, influenceurs, youtubeurs, hommes, femmes, gros, noirs, arabes, juifs, LGBT, tout le monde y passe dès lors qu’il y a un peu de notoriété ou que l’on sort un peu du lot.

Voici un petit florilège d’ignominies :

Il y a quelques mois, un internaute a révélé publiquement l’orientation sexuelle d’un YouTubeur (Vled Tapas) jusqu’alors gardée secrète. Vled Tapas est un musicien talentueux et sans histoire qui possède une chaîne YouTube et fait régulièrement de la vulgarisation scientifique avec La Tronche en Biais.

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Vled a accepté de répondre à nos questions :

  1. Récemment, Acermendax de La Tronche en Biais, a (re)partagé une vidéo où tu t’exprimes sur ton outing(1) . Pourquoi le sujet refait-il surface plus d’un an et demi après les faits ?

En toute sincérité, je n’en sais rien. Il est vrai que la vidéo a subit une assez forte recrudescence de commentaires ces dernières semaines. J’imagine que c’est dû à un partage que j’ignore.

  1. Pourquoi n’as-tu pas simplement ignoré l’internaute à l’origine du tweet ?#DontFeedTheTroll

Parce que l’outing n’est pas une pratique acceptable. L’ignorance n’était pas une option : la chose était faite, la dépossession de mon coming out consommée. Je passe un temps généreux à expliquer dans la vidéo en quoi ce n’est pas anodin. Cet outing était gratuit et il a été fait sur un tweet dans lequel il était question de mon travail, la volonté de nuire était clairement affichée. Cela faisait beaucoup trop de choses pour que je me contente de faire comme si rien ne s’était passé. Du reste, la souffrance que j’ai ressenti était réelle, je ne pouvais pas plus l’ignorer.

  1. Quelles ont été pour toi les répercussions de cet outing(1)  ?

Plus aucune hésitation. Je suis identifié comme une personne queer désormais et c’est infiniment plus confortable que le silence. Je suis en adéquation avec mes convictions. Je m’applique à être out, notamment dans le milieux du métal ou la présence des queers (et des femmes, du reste) est largement insatisfaisante. “Musique de bonhomme”. “Pas de la musique de pédé”, dit on au sujet de ce style. Il y a des poncifs qu’il est important de travailler à faire disparaître et je pense que la représentation est un bon début. Je veux que le fait de brailler sur une scène avec Sphaera, mon groupe de death metal progressif, soit un message politique qui dit “oui, le métal, c’est de la musique de pédé.”.

  1. Les sujets que tu traites avec Acermendax dans la Tronche en Biais soulèvent beaucoup de réactions et de polémiques : Vaccins, Homéopathie, Pyramides etc… Te sens-tu exposé ou menacé ?

Nous recevons de temps à autre des menaces. Le pire qui nous soit arrivé à ce jour, hormis les violences verbales, c’est de l’usurpation d’identité. Mendax comme moi même avons vu nos identités dérobées afin de nous prêter des accointances avec des communautés discutables dans le but de nous discréditer. Le style des usurpateurs est toutefois généralement facile à reconnaître et nous avons la chance d’avoir une communauté très active qui nous aide à signaler et faire disparaître de telles initiatives. Les entreprises visant à nous rabaisser sont légion mais, encore une fois, nous avons la bonne fortune d’être épaulés par de nombreuses personnes. Ça aide.

  1. Certains internautes, sur Twitter ou dans les commentaires YouTube, sont une véritable plaie pour la communauté : insultes, négationnisme, complotistes, sexistes, homophobes etc… Y’a-t-il, selon toi une solution pour mettre fin à ce genre de comportement sur les réseaux sociaux ?

Les RS ne sont guère plus que le miroir de la société. Ca ne changera pas en une génération, hélas. Il faut continuer à travailler pour que les mentalités changent. Ce sera un travail de longue haleine mais il faut passer par là.

  1. Qu’as-tu envie de leur dire ici ?

Rien. Il y a plus à espérer en les écoutant pour comprendre ce qui déconne dans leur raisonnement. Essayer de les convaincre frontalement ne ferait qu’engendrer une contre productive réactance. 

Tout ce que je pense pouvoir faire, à mon échelle, c’est continuer de rendre le savoir disponible autant que possible sur internet pour que, le jour où ces personnes sont prêtes à changer d’avis, elles aient à disposition tout le matériel nécessaire pour que cela se fasse naturellement et que l’initiative vienne de leur côté. Ca ne peut, hélas, probablement pas marcher autrement.

(1) outing : Fait de révéler publiquement l’orientation sexuelle d’une personne sans son consentement.


Merci à lui d’avoir bien voulu répondre à nos questions


Les raisons d’un tel comportement

Biologiquement ou socialement, il est difficile de connaître les motivations de ces haters.

Au nom de la liberté d’expression comme nous pouvons lire parfois ? Alors oui mais non. Cette liberté qui nous est si chère possède une règle moral et fondamentale, n’en déplaise à certains : “La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.” Cette règle s’applique aux comportements individuels et collectifs dans une communauté comme sur les réseaux sociaux par exemple. Donc non, la liberté d’expression n’est sûrement pas un prétexte pour cracher son venin en public sur une personne parce qu’elle est noire, arabe, juive, gay, de droite, de gauche ou que sais-je encore.

Que faire face à eux ?

Chaque plateforme comme Facebook ou Twitter par exemple, donne la possibilité de signaler du contenu offensant, de le supprimer ou de bloquer l’auteur de messages indésirables. Mais cette solution n’est utile que pour éteindre l’incendie et non pour empêcher sa mise à feu. Même en activant les filtres à injures.

Sans tomber dans le politiquement correct ou dans la pensée unique, les réseaux sociaux doivent rester un espace d’échange et de partage dans le respect. L’Education Nationale propose déjà dans son programme une sensibilisation sur le harcèlement. Il n’est peut-être pas déraisonnable de proposer un module supplémentaire au programme sur le comportement à adopter sur les réseaux sociaux: le prévention et la sensibilisation.

Il faut de la critique constructive, du débat, des opinions, des coups de gueule, des coups de cœur, de la compassion, de l’humour, de la peur, des idées…Le tout, initié par des internautes de tous bords, toutes croyances, toutes origines et toutes opinions. Ceci n’est pas une utopie, ou du moins, ne devrait pas l’être. Ceci est du bon sens.

Enfin, celles et ceux pour qui le respect est une notion qui leur est étrangère ou nocive, devraient se remettre en question sérieusement. Utiliser l’anonymat pour s’attaquer aux autres est une véritable méthode de couard. Aucune fierté, aucun amour propre et pourtant une langue bien fourchue.

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