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Scapin à l’auberge de l’oiseau bleu

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L’histoire se déroule dans la célèbre auberge de l’oiseau bleu. Un lieu chargé d’émotions où les clients avaient pour habitude d’échanger de brèves paroles sur des sujets divers et variés. Une ambiance imprégnée de rires, de cris, de pleurs, d’amour et de haine. Les échanges y sont souvent houleux et dépourvus de bon sens mais l’auberge de l’oiseau bleu est ainsi faite. Jusqu’au jour où un groupe de malfaiteurs, mené par Scapin, s’introduit dans l’auberge pour s’attaquer à des clients respectables.

©Jan Havicksz Steen

Les origines de l’intrusion

Le pays était touché par un mal venu de l’autre bout du monde. Savants, gourous et druides du pays s’affairaient sans relâche pour trouver un remède efficace. Vint un jour où un druide, qui répondait au nom de Merlin, se présenta au roi pour lui présenter son remède miracle contre la maladie. Un remède nommé Placebus. Ce nom fut donné par le druide en référence à une variété de melon qu’il avait inventé jadis.

Le roi, entouré de ses conseillers resta dubitatif devant les élucubrations du vieil homme et lui demanda : “Comment savoir que votre remède fonctionne ?”. Question à laquelle le druide répondit : “Si je vous le dit, c’est que c’est vrai. Tirez une carte, si je trouve laquelle vous avez choisi, c’est que je ne me trompe jamais.” Mais le roi ne se fit pas duper et pris congé du druide.

Les soutiens du druide se faisaient de plus en plus nombreux. Il prenait régulièrement la parole sur la place publique et dans l’auberge de l’oiseau bleu pour convaincre la population des bienfaits de sa pilule. Ses discours étaient relayés massivement et considérés comme vérité absolue par ses nouveaux adeptes. Parmi eux, un groupuscule qui voyait dans le druide un savant mi dieu mi humain.

Druide – Histoire de France – Emile Keller – 1880

Le groupuscule était composé d’individus de milieux différents. Certains étaient masqués et utilisaient des pseudonymes. D’autres agissaient à visage découvert et en leur nom propre. Ils avaient toutefois en commun la faculté de s’exprimer de façon odieuse et grotesque quand il fallait défendre les bienfaits du fameux remède. Ils avaient également la particularité de couvrir leur ignorance générale par des propos grandiloquents, menaçants et insultants.

Alors que le mal continuait de sévir dans le pays, le groupe décida de s’installer à l’auberge de l’oiseau bleu pour propager la parole du druide et anéantir toute forme de protestation.

La bande à Scapin

Lorsque le groupe arriva à l’auberge, les discussions sur le remède miracle allaient déjà bon train. Des discussions le plus souvent cordiales mais aussi empreintes de convictions opposées. Quelques tensions apparaissaient de façon sporadique, mais pas de quoi casser trois pates à un canard.

Scapin émergea rapidement du groupe en invectivant violement tous les clients opposés au remède. Il prit également sous son aile deux fidèles compagnons : BioLune et Asclépuce. BioLune excellait dans les insultes fleuries sans jamais rien comprendre au sujet abordé. Asclépuce, lui, se donnait un malin plaisir à usurper les identités des clients en portant leurs masques. Econduit à l’examen d’initiation druidique, il a décidé de consacrer le restant de ses jours à l’adoration de Merlin.

A l’instar de ses deux fidèles compagnons, Scapin avançait à visage découvert sous son vrai nom. Il ne reculait devant rien pour humilier ses opposants : menaces, insultes, révélations d’identité et harcèlement.

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Le fou du roi
Le-fou-du-roi-1875-par-William-Merritt-Chase

Les opposants

Les opposants étaient nombreux. Parmi eux, quatre sortaient du lot et faisaient l’objet d’une véritable fixation de la part de Scapin et sa bande.

Dokemélia était une savante tout comme Natanos et Barrou. Mais parce qu’elle était une femme, elle fut une cible de choix pour Scapin. Vladimir était déjà un habitué des lieux avant que la maladie ne s’empare du pays. Un citoyen qui faisait preuve d’une grande habileté pour faire fermer le caquet aux membres du groupe de Scapin. Il a aussi découvert la présence d’automates dissimulés dans l’auberge qui diffusaient des discours en faveur du druide et de son remède.

Quant à Natanos et Barrou, c’était deux savants qui maitrisaient le sujet de la maladie pour l’avoir traitée dans leurs villages respectifs. Un savoir qui semblait déranger au plus haut point la bande à Scapin.

Echanges et déclarations

Scapin
  • “Je n’ai pas le temps d’en identifier d’avantage, mais j’ai dans ma besace les vraies identités et adresses de chacun de vous”.
  • “S’il va trop loin et qu’il veut perdre son travail, je connais du monde chez le nain Tendo, compris Nicolas PM. ? Et non pas Achille?”.
  • “Les échoppes de Massalia ne doivent pas fermer et ainsi la garde royale sera débordée et ce sera l’insurrection”.
  • Au sujet de Dokemelia : “Les cons ça ose tout, mais quelle vie de merde elle doit avoir, si son conjoint savait qui drague sa femme à Bordeaux dans son dos” . “Cette femme n’est pas heureuse dans son couple et son mari ne le sait pas. Elle gagnerait à s’occuper de ses enfants plutôt que de s’exprimer à l’auberge”.
BioLune
  • “Natanos n’est qu’un apprenti savant et n’est qu’un vulgaire militant anti-Merlin, un messager aux ordres de la concurrence”.
  • “Natanos invente tout”.
  • “Toi tu pisses partout comme un chien et tu devrais aller mettre une couche”.
  • “Moi, je l’appelle Acnée, Il est souvent accompagné de Furoncle, Bouton, dit le Fiolet, et de Pustule, le plus toxique”.
Asclepuce
  • “Natanos est un charlatan, un imposteur et un menteur”.

Asclepuce prenait généralement la parole uniquement pour répéter les paroles du druide et de ses adeptes. La légende raconte qu’il aurait ingéré des pilules de placebus en grande quantité. Ce qui, potentiellement, expliquerait la raison pour laquelle il n’était plus en mesure de formuler lui même ses propres idées.

La garde Royale

Bien qu’alertée à de nombreuses reprises, la garde royale avait pour habitude d’être absente des débats. Beaucoup de comportements restaient toutefois repréhensibles et pouvaient entraîner théoriquement des condamnations. L’auberge de l’oiseau bleu devenait petit à petit une zone de non droit et un repère pour les usurpateurs, harceleurs, diffamateurs et autres petites frappes sans honneur. Mais elle était aussi un moyen pour le peuple de s’exprimer librement et de prendre connaissance des dernières informations du pays.


La morale de cette histoire

Des gens meurent d’une maladie que tout le monde pense connaitre par cœur. Le non consensus sur l’efficacité de l’HCQ fait naître toutes sortes de théories, des plus plausibles aux plus farfelues. La confiance se dissipe peu à peu pour laisser place à la méfiance chaque jour que la maladie (re)gagne du terrain. Une tension palpable et grandissante s’installe dans un pays déjà divisé par des débats stériles et des décisions prises au jour le jour que beaucoup ne comprennent pas.

Si il y a bien une chose qui est sure, c’est que la solution ne viendra pas des réseaux sociaux. Ils sont une tribune démocratique, un moyen de s’exprimer librement pour chacun d’entre nous. Opinions, critiques, débats, humour, sarcasme, coups de gueule, coups de cœur, il y a tellement de moyens de s’exprimer pour se faire entendre. Certains abusent de cette liberté en franchissant les limites imposées par la loi pour anéantir toutes opinions contraires aux leurs. Et cela n’est plus acceptable.

Apaisons le débat, tous. Partageons ce que nous savons et acceptons qu’il ne sera jamais possible de mettre d’accord 67 millions de concitoyens même devant des faits.

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