ACult
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Des dérives sectaires émergent de plus en plus sur les réseaux sociaux ces dernières années notamment sur YouTube. Une émergence qui ne laisse pas indifférent des vidéastes qui dénoncent ces dérives chacun à sa manière. Parmi eux, ACult. Travaillant dans le secteur privé, il consacre une partie de son temps libre pour créer et diffuser du contenu sur sa chaîne YouTube depuis presque 2 ans.

A travers ses vidéos, ACult dresse les portraits de ses nouveaux gourous 2.0 en mêlant humour, investigation, satire et dérision. Un cocktail explosif et original qui discrédite rapidement les idées farfelues véhiculées par ces individus.

©ACult – YouTube

Interview

ACult, pourquoi cette série sur les déviants ?

Le sujet des dérives sectaires m’intéressait depuis quelques années. Le point de départ, c’est ma participation à la vidéo « Hors Contrat » sur la dérive sectaire au sein de l’école I.P.E.S (Institut Pédagogique des Entrepreneurs Stratèges).

L’idée de poursuivre sur cette voie est née après le visionnage de la vidéo « Les extraterrestres n’ont rien d’extra » de Defakator. Je ne connaissais pas sa chaîne, ça m’a plu. Je suis tombé sur la séquence consacrée à Raël et il y a eu un déclic. Donc, merci Defakator !

©Defakator – YouTube

A qui s’adressent tes vidéos et comment sont-elles perçues par les communautés des individus dont tu dénonces les propos ?

A ce type de question, on souhaite répondre : « s’adresser au public le plus large ». Mais c’est un cliché et un écueil à mon avis. Il ne faut pas oublier que c’est une « niche ». Si ça peut aider des gens confrontés à un proche sous emprise, des adeptes ayant un doute ou des gens simplement intéressés par le sujet. Tant mieux.

Etre sous l’emprise d’un autre, quel que soit le cadre, peut arriver à n’importe qui. Pour s’en préserver, la nécessité de forger un esprit critique est capitale. Si YouTube est très largement consulté, autant l’utiliser comme outil dans ce sens.

Cependant, je pense que compter uniquement sur YouTube et les RS, c’est insuffisant. Pour moi, l’esprit critique doit être développé à l’école. Sur ce point, je rejoins l’avis de Richard Monvoisin dans son interview accordée à l’Extracteur.

Sur la deuxième partie de la question :

Ces réactions sont peu nombreuses et assez répétitives du style : « Par qui suis-je payé ? » et autres sous-entendus où je ferais partie de la soi-disant « secte zététique » (un comble, je ne suis pas zététicien). En résumé, elles n’ont rien d’exceptionnel par rapport à celles reçues par l’Extracteur, La Tronche en Biais ou d’autres.  

La satire est assez peu utilisée dans les médias pour les sujets que tu traites, pourquoi as-tu fais ce choix notamment pour parler de Tal Schaller et Thierry Casasnovas ?

Selon le dictionnaire, la satire est à l’origine un poème où un auteur attaque les vices et le ridicule de ses contemporains. Elle est également assimilée à un pamphlet ou écrit critique.

Je n’ai pas l’impression d’être le seul. En tout cas, si vous ajoutez à cela l’humour et la dérision, je le retrouve dans les chaines YouTube que je peux suivre.

Au risque de faire « cliché », la satire et l’humour permettent de faire passer beaucoup de choses y compris les plus préoccupantes. Pour prendre un exemple cinématographique parmi d’autres, regardez « Network » de Sidney Lumet, écrit par Paddy Chayefsky, sur le monde de la TV et son pouvoir sur les masses. (Attention, je ne me compare pas à ce grand réalisateur. Ce n’est pas mon propos.)

Les pouvoirs publics sont-ils, pour toi, à la hauteur dans la lutte contre les dérives sectaires ?

Je pense que ce n’est pas leur priorité. Il suffit de constater le sort fait à la MIVILUDES. Les associations comme l’UNADFI, le CCMM ou le GEMPPI sont sur le pont. J’ai peur qu’elles se retrouvent isolées, j’espère me tromper.

YouTube a récemment fermé la chaîne de Jean-Jacques Crèvecoeur. Ne crains-tu pas un renforcement du sentiment de victimisation de son auteur et de ses « adeptes » ?

Si, bien sûr. Crier à la victimisation, notamment dans les dérives sectaires, ça existait bien avant les réseaux sociaux. Ça reste un signal fort de la part de YouTube. Mais un rebond n’est pas à exclure. D’autres hébergeurs existent (Viméo, Dailymotion,…)

Comment conçois-tu la liberté d’expression à l’air du numérique aujourd’hui ? Certains crient à la censure alors que d’autre se félicitent de la fin des nuisances.

L’évolution technologique a accéléré les choses, c’est évident. Mais, fondamentalement, c’est un vieux débat. Le problème s’est posé avec l’édition, la presse, le cinéma et la télévision.

Notre liberté d’expression est garantie par les pouvoirs publiques et tout dépend de ce que vous en faites . Si vos propos ou vos travaux sont potentiellement dangereux pour autrui et répréhensibles par la loi, pourquoi vous plaindre de censure ? Nul n’est censé ignorer la loi, n’est-ce pas ? On peut me rétorquer : « Tout dépend de qui fait la Loi ». Regardez la décision du 18 juin 2020 du Conseil constitutionnel retoquant la proposition de loi Avia. Preuve que nous ne vivons pas sous la coupe d’un régime arbitraire ou soi-disant « totalitaire »

YouTube aujourd’hui c’est devenu pour toi du temps plein, du mi-temps ou du temps partiel ?

Cela reste et restera du temps partiel. Pendant combien de temps ? Je l’ignore. Je m’arrêterai quand je le déciderai, je n’ai pas de velléité de carrière ou de  gloriole sur YouTube.

Tu trouves un génie qui a le pouvoir de supprimer instantanément et irrémédiablement 5 chaînes YouTube, lesquelles choisis-tu ?

Aucune. Pour moi, le choix individuel doit être préservé. J’ai la naïveté de faire confiance à l’esprit critique de chacun.

A lire aussi : La vidéo CHOC de l’Extracteur sur Thierry Casasnovas

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